Publication des résultats de l'enquête relative aux résidents en maison de retraite

 La DREES vient de publier les premiers résultats de l'enquête menée sur les 728 000 personnes qui résidaient en Ehpa, à la fin de l'année 2015.

Évolution du nombre de personnes âgées accueillies en établissement

L’enquête souligne l’accroissement du besoin en structures spécialisées destinées aux personnes âgées, comme en témoigne la hausse du nombre de places en Ehpad. En effet, la DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques) dénombrait plus de 585 000 résidents en 2015, en Ehpad, soit une évolution de 7% du nombre de personnes accueillies depuis 2011. Néanmoins, il est à noter que le nombre de places disponibles en Ehpad (6,2 %) croit moins vite que le nombre de personnes accueillies. La question de la nécessité d’accroître les capacités d’accueil des Ehpad se pose donc aujourd’hui. 

 

À contrario, les Ehpa et les logements-foyers accueillent moins de résidents qu’en 2015. En l’espace de quatre ans, les logements-foyers ont fait face à une diminution du taux d’occupation de 0,9%, tout en ayant accru le nombre de places disponibles (0,5 %). En revanche, il convient d’observer à la fois une diminution du nombre de personnes accueillies (- 10,8%) et du nombre de places installées ( -11,2%) en Ehpa. 

 

Les modes d’accueil transitoires - l’hébergement temporaire et l’accueil de jour - sont devenus de plus en plus populaires chez les personnes âgées. En effet, ils donnent la possibilité à l’individu d’être accompagné de manière ponctuelle tout en ayant la possibilité de continuer à vivre à son domicile. En 2015, la DREES comptait 1380 personnes de plus accueillies en centre d’accueil de jour qu’en 2011, soit une augmentation de 4%.

 

Aujourd’hui, les personnes âgées accueillies au sein d’établissements d’hébergement sont de plus en plus âgées. En 2015, la moitié des résidents avaient plus de 87 ans et 5 mois, un an de plus qu’en 2011. Entre 2011 et 2015, la proportion de personnes âgées de 90 ans ou plus en institution est ainsi passée de 29 à 35 %. En outre, il est à noter que les résidents sont majoritairement des femmes (73,6 %), âgées de 75 ans ou plus. Ces dernières sont  plus souvent esseulées que les hommes : seulement 9 % d’entre elles ont un conjoint dans l’établissement contre 25 % pour les hommes.

Accroissement de la dépendance

Il est primordial d’évoquer l’accroissement continu du niveau de dépendance des résidents : 75,8% des résidents âgés de 90 ans ou plus ne se déplacent pas de manière autonome dans l’établissement. En 2015, toutes catégories d’établissement confondues, 83% des résidents étaient en perte d’autonomie au sens de la grille AGGIR, contre 81 % en 2011. Les Ehpad sont bien évidemment les établissements les plus touchés par cette hausse :  leur GMP (GIR moyen pondéré) est ainsi passé de 689 en 2011 à 710 en 2015. La proportion des résidents en GIR 1 à 4 dans les Ehpad était de 91% au 31 décembre 2015.

 

 

Par ailleurs, les personnes âgées entrent en institution à des niveaux de dépendance plus élevés qu’avant : les résidents arrivés en établissement au cours de l’année 2015 sont en moyenne moins autonome qu’en 2011. Cette dépendance se traduit par un pourcentage important de placement sous protection juridique des majeurs : fin 2015, 28% des résidents étaient concernés par cette mesure.

Accroissement des troubles de la cohérence

Outre le niveau de dépendance, la hausse des troubles de cohérence touchant les personnes âgées devient aujourd’hui préoccupante. 89 % des résidents âgés de moins de 70 ans souffraient de troubles de cohérence en 2015, contre 82 % pour les personnes âgées de 80 ans ou plus. On peut en déduire que les troubles de la cohérence est souvent une cause d'entrée précoce en institution pour les moins de 70 ans.

 

En 2015, environ 260 000 résidents étaient atteints d’une maladie neurodégénérative. Pourtant, seulement 47 % d’Ehpad disposaient d’unités spécifiques pour personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et apparentées. Au total, 63 900 résidents étaient accueillis dans ces unités, soit 10,91 % de la population fréquentant un Ehpad.

Les résidents en établissement d'hébergement

Au cours de l’année 2015, plus de 291 000 personnes ont intégré un établissement d'hébergement. Les entrants sont en moyenne neufs mois plus âgés que ceux arrivés durant l’année 2011. Ce constat souligne non seulement le vieillissement de la population française mais traduit aussi la conséquence des politiques menées par les pouvoirs publics.  

 

Les individus rejoignant ce type d’établissement vivaient pour la plupart à leur domicile (55%), les autres viennent généralement de services de soins de suite et de réadaptation ou d’autres Ehpad.  Au vu de l’accroissement des besoins en termes de nombre de places au sein d’institutions d’hébergement spécifique, le délai d’attente des résidents entre la date de réception du dossier et l’entrée dans l’établissement ne dépasse pas un mois dans 60% des cas. En revanche, le délai d’attente est plus long dans les EHPAD publics non hospitaliers, les EHPAD privés non lucratifs et dans les logements-foyers publics : Le délai d’attente entre la date de réception du dossier et l’entrée dans l’établissement était inférieur ou égal à un mois pour 50 % des résidents entrés en 2015 en logement-foyer.

Les causes de sorties d'établissement d'hébergement

L’âge de sortie de l’établissement, quant à lui, a progressé en l’espace de quatre ans. Àleur sortie, les résidents avaient en moyenne 87 ans et 4 mois, en 2015 et avaient passé deux ans et demi dans l’établissement. Néanmoins, la moitié des sortants ont résidé moins d’un an et deux mois dans ces institutions.

 

Deux sorties sur trois correspondent à un décès. Ces derniers représentent plus de 80% des sorties de l’établissement en USLD et 68% en EHPAD. Les autres sorties correspondent principalement à des transferts vers un autre établissement. En 2015, la DREES comptait plus de 220 000 sorties définitives d’EHPAD, plus de 17 000 de logements-foyers, près de 4000 d‘EHPA et 20 000 d’USLD. 

 

Lorsque les résidents quittent l’établissement pour un motif autre que le décès, c’est en général pour rejoindre leur domicile ou celui d’un proche (46%), ou encore intégrer un autre établissement médico-social ou sanitaire (51 %). Les durées de séjour des individus regagnant leur domicile ou celui d’un proche sont plus courtes (cinq mois) que ceux qui s’orientent par exemple vers un service sanitaire d’un établissement de santé (un an et trois mois).

 

 Au sein de logement-foyer, les décès étant moins fréquents, près de la moitié des sorties se traduisent par des départs volontaires : seules 12% des sorties sont la conséquence d’une résiliation du contrat de séjour dû à l’inadéquation de l’état de santé de l’individu aux possibilités d’accueil de l’établissement. 60% des résidents en logement-foyer, quittant ce dernier pour un tout autre motif autre que celui du décès, se tournent vers un EHPAD.    

Pour aller plus loin : http://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/er1015.pdf

 

 

Aurélia LE FRAPPER

Livres et fiches d'activités pour les professionnels en gérontologie.

 

 

 

 

 

Projet d'animation en EHPAD

 

Ce guide pratique a pour ambition d'aider les chefs d'établissement, les animateurs et les équipes à concevoir un projet d'animation apte à maintenir les capacités d'autonomie sociale, physique et psychique de la personne âgée, à travers des activités adaptées à ses besoins, à ses capacités et à ses attentes.