Entrée en Ehpad et rôle des professionnels

L'auteur de cet article, Emmanuelle Goury-Meyer, est psychologue clinicienne au sein d'un Ehpad. Elle a écrit l'ouvrage  « Ateliers mémoire » publié par les éditions Phalente.

Les personnes accueillies en EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) entrent dans un milieu inconnu, fantasmé, un lieu autre que celui de leur domicile. Dans la plupart des cas c’est un changement de vie qui a lieu tardivement, les personnes étant souvent majoritairement âgées de plus de 75 ans. Tout l’enjeu va être, pour chaque individu, de s’adapter à cette nouvelle situation dans la continuité de son existence, de son être, en cheminant pour éviter les pièges de la tristesse, l’isolement, la régression, l’agressivité, la peur, le sentiment d’échec, la perte de soi, la perte des capacités physique et psychique. Chaque être humain va faire appel à différentes compétences pour s’adapter à une vie dans un lieu différent de son domicile. Le travail des professionnels va consister à cheminer avec ces dernières, les accompagner notamment par l’instauration d’une relation empathique, vers l’acceptation de leur nouvelle vie, en créant un cadre le plus propice à leur épanouissement et au plus proche de leurs attentes.

Les activités en Ehpad

Dans cet objectif de vie, l’EHPAD doit proposer des activités variées, riches, afin de permettre aux personnes accueillies de continuer à bénéficier de temps de loisir, de plaisir, d’être en lien, de se sentir et se reconnaître Exister. L’animation et les professionnels intervenant lors d’activités jouent un rôle essentiel. Tout l’enjeu reste d’inscrire les actions dans cette philosophie d’accompagnement, de soutien, d’écoute, de respect de l’individu, de mettre l’humain au cœur de l’animation. Par le biais des activités, les professionnels offrent un Soin psychologique, physiologique, un Soin global où les capacités cognitives se font bien souvent maîtresses. La stimulation des fonctions cognitives reste un maître mot du travail en EHPAD. La Mémoire, les Mémoires source de peur, d’admiration, de fantasmes, celles qu’inconsciemment on souhaite perdre parfois, tout en chérissant certains de ses pendants. La mémoire touche l’identité qui structure l’individu, il faut chercher à la préserver, comprendre ses rôles au niveau cognitif et psychologique.

Exercer la mémoire

Permettre aux personnes de continuer à exercer leur mémoire, que cela se passe dans le cadre d’ateliers mémoire ou dans la vie quotidienne, nécessite de la part des professionnels d’en connaître le fonctionnement. Chacun doit connaître l’existence des différentes mémoires afin de parvenir à les entretenir lors des ateliers, mais également à ne pas mettre en échec les personnes en proposant des activités qui ne correspondent pas à leurs facultés. En effet, en vieillissant les mémoires peuvent se faire plus lentes sans que le vieillissement soit pathologique. Il peut exister aussi certaines maladies, comme la maladie d’Alzheimer par exemple, qui affectent la mémoire dont il faut tenir compte pour la mise en place des activités. De plus, la vie en collectivité implique de rompre avec son quotidien et provoque parfois la sensation de perdre un peu de soi, de son identité.

 

 

 

Il reste la mémoire, mémoire de son lieu de vie, mémoire des gens qu’on aime, cette mémoire fondement de l’identité. Toue la difficulté  de l’institution va être de permettre aux résidents de continuer à vivre dans un nouveau lieu communautaire, tout en étant garant de l’individu, en prenant en considération la personne dans son histoire de vie, dans sa spécificité et en lui proposant de s’inscrire dans la société, dans l’institution, en y trouvant du sens. Ainsi chaque atelier, chaque activité, proposé aux personnes doit évoquer du sens pour ces derniers. Nous accueillons des personnes désorientées avec des troubles cognitifs. L’identité s’avère fragile chez des personnes souffrant de maladie touchant la mémoire.

 

Quand la mémoire s’échappe, le rôle des professionnels, et celui tout particulier des animateurs, devient fondamental.

 

Emmanuelle Goury-Meyer

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Commentaires: 3
  • #1

    Amandine (mardi, 10 septembre 2013 10:59)

    Bonjour,
    Certains animateurs en EHPAD ont fait appel à nous pour mettre en place des ateliers réminiscence en organisant des projections d'images historiques sur le 20ème siècle. Outre le fait que les résidents font appel à leurs souvenirs, cela les incite à interagir, débattre... Ainsi, l'image a son rôle à jouer dans un atelier mémoire tout comme vous le soulignez parfaitement dans l'article, l'animation et les professionnels qui intervenant lors d’activités.
    Article très intéressant qui mériterait d'être repris sur notre page actu de notre site www.collectivision.fr
    A bientôt
    Amandine

  • #2

    Jean-François (lundi, 24 mars 2014 16:28)

    L'animation dans ces établissement est un sujet à ne pas prendre à la légère. Les attentes de la part des résidents ainsi que de leurs proches sont très grandes. Il y a aussi des enjeux de santé publique derrière notamment pour ce qui concerne les exercice de mémoire. Sans oublier le côté ludique. Car il ne faut pas perdre de vue, que si on prend plaisir à faire quelque chose, c'est toujours plus facile.

  • #3

    Thomas (lundi, 22 septembre 2014 11:59)

    Je rejoins Jean-François, l'animation dans les EHPAD est primordiale mais surtout elle doit être bien organisée. L'enjeu est de maintenir l’autonomie des résidents et de stimuler leur mémoire. A côté de cela, les résidents doivent être bien entourés que ce soient humainement ou médicalement.

Livres et fiches d'activités pour les professionnels en gérontologie.

 

 

 

 

 

Projet d'animation en EHPAD

 

Ce guide pratique a pour ambition d'aider les chefs d'établissement, les animateurs et les équipes à concevoir un projet d'animation apte à maintenir les capacités d'autonomie sociale, physique et psychique de la personne âgée, à travers des activités adaptées à ses besoins, à ses capacités et à ses attentes.